1.西湖龙井 xihu longjing
Le thé de Longjing (littéralement : « le puits du Dragon ») provient des collines verdoyantes qui entourent le lac de l’Ouest à Hangzhou et d’un nombre limité de plantations de la province du Zhejiang 浙江, dans le sud-est de la Chine. Il s’agit d’un thé vert très réputé dont la qualité lui a valu d’être très apprécié dès l’Antiquité : plusieurs empereurs, dont le grand Qianlong 乾隆 (1735–1796), en étaient particulièrement friands. L’infusion se caractérise par une belle couleur verte, un arôme intense et un goût (légèrement) sucré. Comme il s’agit d’une variété de thé vert, les feuilles, qui peuvent être mangées après infusion, ne sont pas soumises à la fermentation, mais à un procédé de cuisson à la poêle comportant une part importante de manipulation manuelle. Cela produit un thé particulièrement riche en vitamine C, en acides aminés et surtout en catéchines, un antioxydant puissant qui aurait des propriétés anticoagulantes et anticancéreuses. On trouve aujourd’hui sur le marché, outre des faux qui proviennent généralement du Sichuan, plusieurs sortes de thé de Longjing : le thé du Lac de l’Ouest (Xihu Longjing), produit dans une zone spéciale et unique de 168 km carrés à proximité du fameux plan d’eau, est le plus ancien et le plus fameux ; le thé de Meijia Wu, produit dans le village du même nom, peut atteindre 600 euros le kilo pour les nouvelles feuilles ; le thé du mont du Lion (Shifeng Longjing 狮峰 龙井) est selon la tradition le meilleur thé de Longjing, surtout si on le boit avec de l’eau de la source du Tigre (Hupao Quan 虎跑泉) bouillie puis refroidie jusqu’à 80 degrés.
 
2.洞庭碧螺春 dongting biluochun

Le thé Biluochun (« escargot vert du printemps ») est l’un des dix grands thés de Chine. Il provient à l’origine de Dongtingshan, une île du lac Tai dans la région de Suzhou au sud-est de la Chine. Son nom pittoresque lui a été donné par l’empereur mandchou Kangxi (1654-1722), qui trouvait son nom local de « goût du tonnerre» par trop vulgaire. Le thé Biluochun se caractérise par de petites feuilles d’une grande finesse s’enroulant à la manière d’une coquille d’escargot et recouvertes d’un fin duvet, une couleur vert argenté, un parfum fin et un goût puissant, et une saveur qui tient longtemps dans la bouche. La fabrication du Biluochun est complexe et longue. Seules les extrémités pointues des feuilles sont utilisées (une seule boîte en contiendrait jusqu’à 60 000 !). Après la cueillette et la sélection, viennent le pétrissage, le frottage et l’enroulement, opérations entièrement réalisées à la main. Pour préparer le thé Biluochun, déposez quelques feuilles de thé dans une tasse à thé en porcelaine blanche, recouvrez-les d’eau bouillante et laissez infuser une minute jusqu’à ce que les feuilles se déroulent. Ensuite rajoutez de l’eau chaude et attendez deux à trois minutes avant de déguster. Ce thé est cher et son prix varie de 20 à 500 euros le kilo. On trouvera le meilleur Biluochun à Suzhou dans la rue Renmin Lu.

 
3.白毫银针 Baihao yinzhen
 

Le Baihao Yinzhen ou « aiguilles argentées » est un thé blanc produit à Jianyang, Yongji et Songzheng, dans le nord du Fujian, et à Fuding, dans l’est de la même province. Il doit son nom au fait que les bourgeons sont couverts de duvet blanc et les feuilles cuites ressemblent à des aiguilles argentées. L’infusion jaune clair a une saveur fraîche et un goût velouté. Comme ce thé n’est pas pétri, il faut le laisser infuser plus longtemps. De nature douce et rafraîchissante, le thé blanc est souvent utilisé comme médicament pour dissiper la « chaleur » et l’ « humidité » internes, et améliorer les fonctions de l’estomac. A Hong Kong et Macao, les détaillants mélangent souvent un peu de thé blanc avec d’autres thés afin d’en rehausser la qualité.

4.庐山云雾 lushan yunwu

Situé entre le Changjiang 长江 (Yangzi) au nord et le lac Poyang 鄱阳湖 au sud, le mont Lu, lieu de villégiature renommé du Jiangxi 江西, dans le sud de la Chine, reçoit toute l’humidité nécessaire à la culture des théiers. Les feuilles du thé vert Yunwu (« nuage et brouillard ») sont grasses et joliment reserrées, avec un duvet blanc très délicat. Cultivé depuis la dynastie des Tang, ce thé était apprécié à un tel point par les élites qu’il figurait vers l’an mille sur la liste des tributs impériaux. Il est vrai qu’on lui attribue le pouvoir d’allonger la vie et qu’un poète a dit de lui que « nul vin ne peut éveiller les sens comme le fait ce thé préparé avec de l’eau de source ».

 
5.安徽祁山红茶和六安瓜片(即《红楼梦》中贾母所说的“六安茶”) Anxi Qishan hongcha, liu’an guapian
 

Ce thé vert, qui fait partie des dix grands thés de Chine, est produit dans les monts Dabie 大别山, dans l’ouest de la province de l’Anhui, dans les districts de Liu’an 六安, Jinzhai 金寨 et Huoshan 霍山. On l’appelle Guapian 瓜片 ou « graine de pastèque », parce que ses feuilles ont une forme qui rappelle celle des graines de pastèque. Ce thé favorise la digestion et calme la soif. 

 

6.黄山毛峰 huangshan maofeng
 
Contrairement à d’autres thés réputés depuis des siècles, le thé Maofeng n’est connu et dégusté en Chine que depuis la fin du XIXe siècle. Mais cela n’empêche pas qu’il s’agit de l’un des dix grands thés du pays. Le Maofeng provient d’une région humide du Sud qui se prête merveilleusement à la culture du théier : les monts Huang 黄山, dans la province de l’Anhui. Les théiers de cette variété croissent à une altitude de plus de 700 mètres dans le voisinage d’abondants massifs d’orchidées, ce qui donne à ce thé un parfum de magnolia particulièrement puissant. Le nom de « pic velu » (traduction de « maofeng ») s’explique à la fois par le relief montagneux où pousse la plante et par le duvet blanc qui recouvre les feuilles, dont la forme, dit-on, rappelle celle de la langue du moineau. Le thé Maofeng doit être infusé avec une eau à une température d’environ 80°C, dans un verre ou dans une tasse à thé en porcelaine blanche. L’infusion, sur laquelle flotte un nuage de vapeur parfumée qui n’est pas sans rappeler les brumes presque permanentes qui enveloppent les montagnes originelles du Maofeng, est d’une belle couleur jaune et d’un goût légèrement sucré et frais qui demeure longtemps dans la bouche.
 
7.安溪铁观音 Anxi tieguanyin
 

Ce thé, dont le nom signifie « déesse de la compassion de fer » (à cause d’une légende charmante dans laquelle figure la déesse bouddhiste Guanyin, qui aurait fait personnellement don de ce thé à un paysan pauvre) , est produit à Anxi, au Fujian. Après un traitement assez complexe, on obtient des feuilles compactes et d’une belle couleur vert foncé brillant. Les feuilles de qualité supérieure sont couvertes d’une légère couche de cristaux blanchâtres résultant de la cristallisation de la caféine au cours de la fabrication par évaporation de l’eau. Le thé infusé dégage un parfum suave d’orchidées et possède une saveur veloutée et forte. Il est servi dans de très petites tasses. Le buveur sent d’abord l’arôme du thé avant de le boire à toutes petites gorgées, pour en apprécier pleinement l’arrière-goût subtil. Ces dernières années, le thé Tieguanyin, dont l’effet amincissant a été prouvé, connaît une grande vogue au Japon et en Asie du Sud-Est.

8.云南普洱茶 Yunnan Pu’ercha
 

Ce thé est produit au Xishuangbanna 西双版纳, dans la province tropicale du Yunnan. Son nom vient du district du même nom, qui se trouve près de Simao. « Pu’er » est le nom générique de thés verts ou noirs cuits à la vapeur et puis compactés. Il comprend le Tuocha 沱茶, le « bingcha » 饼茶 (thé en galettes rondes , le « fangcha »  方茶 (thé en galette carrée) et le thé comprimé. Le thé Pu’er est non seulement une excellente boisson, mais aussi un remède efficace, recommandé pour réduire le cholestérol et le niveaude de lipides dans le sang. Beaucoup de Chinois, qu’ils soient en Chine ou à l’étranger, le boivent aussi pour maigrir. Contrairement à d’autres thés dont on a intérêt à infuser les feuilles fraîches, le Pu’er gagne à être conservé pendant de longues années (dix à cinquante ans), comme le vin. Des galettes de Pu’er remontant à la dynastie des Qing se vendent à des prix fabuleux.

9. 恩施雨露 Enshi Yulu
 
Le Yulu (« rosée de jade ») est un thé vert produit sur les versants des Cinq Collines à l’est de la ville d’Enshi 恩施, dans la province du Hubei. Sous la dynastie des Tang  (618-907), le Hubei 湖北 était déjà une région réputée pour ses thés : elle l’est restée. C’est l’un des rares thés verts de Chine dont les feuilles sont toujours traitées à la vapeur, conformément aux procédés décrits dans le « Traité du thé » (茶经 Cha Jing), oeuvre de Lu Yu 陆羽 (733-804), procédés encore utilisés au Japon pour le thé vert. Après avoir été traitées, les feuilles ressemblent à des aiguilles de pin d’un vert brillant. L’infusion est transparente, parfumée et a un goût prononcé.
 
10.武夷岩茶 Wuyi Yancha
 

Ce thé est produit dans les monts Wuyi, dans le district de Chong’an 崇安 (province du Fujian). C’est un thé semi-fermenté, dont les procédés de fabrication se situent entre ceux du thé vert et ceux du thé noir. Ses principales variétés sont le Dahongpao 大红袍 (« grande robe rouge »), Baijiguan 白鸡冠 (« crête de coq blanc »), Shuixian 水仙 (« narcisse »), Wulong 乌龙 (« dragon noir ») et Rougui 肉桂 (« cannelle »). Bien qu’il n’ait pas été embaumé par des sucs de fleurs, le thé Yancha des monts Wuyi possède un parfum frais et fleuri, ainsi qu’un arrière-goût persistant. Au XVIIIe siècle, il fut exporté en Europe et obtint immédiatement un grand succès.

selon les classements et les époques la liste varie comprenant d’autres grand thé comme:

.冻顶乌Dongding Wulong

.苏州茉莉花茶 Suzhou molihuacha
 
.河南信阳毛尖 Henan xinyang maojian
 
.贵州都匀毛尖 Guizhou douyun maojian
 
sources: